Le fils de l'Homme invisible

Publié le 12 Mars 2007

Je viens juste de terminer ce livre "Le fils de l'Homme invisible" de François Berléand.

Drôle de témoignage que celui-là. Je suis restée perplexe...
Voilà un petit garçon comme les autres, en apparence, né dans un milieu assez aisé, d'après ce que j'ai pu en lire, qui, du jour au lendemain, suite à une réflexion banale de son père (banale, vraiment?) se prend pour le fils de l'Homme invisible ! S'ensuivent tout un tas de quiproquos et malentendus invraisemblables, situations comiques ou burlesques qui prêtent à rire. Le fou-rire m'a prise à pluisieurs reprises, il est vrai. Sauf qu'on finit par ne plus rire du tout car le manque de communication dans cette famille entraîne ce petit garçon dans une situation inextricaple, compliquée et dramatique qui finit par le mettre dans un état de profond isolement, voire même de dépression. Ce qui m'a paru incroyable, c'est que ce soit allé si loin.

Mais, nous nous en doutions, tout finit bien puisque François Berléand est devenu depuis un grand acteur avec lequel il faut compter. Acteur, qui, à en croire les comédiens qui ont eu le plaisir de jouer avec lui, est proprement intenable sur les plateaux de tournage, de par sa folie douce !

M'est avis que ce livre sera porté à l'écran...





Souricette


Par bien des côtés, ce livre nous amène à replonger dans notre propre enfance et adolescence... Pour ma part, je ne me suis jamais prise pour l'Homme invisible, bien que j'en aie rêvé... Qu'est-ce que ça doit être chouette !

En revanche, à une période donnée de ma vie, je me suis inventée une petite bestiole : Souricette.

C'était juste après les trois années plus ou moins décrites dans ma note : "L'inconcevable". Juste après ces trois années passées à l'orphelinat.

Un beau jour, ma mère nous a sorties de cet établissement. Ce jour-là, nous étions au réfectoire et quelqu'un est venu nous chercher, ma soeur et moi : ma mère était là, elle était venue nous chercher ! notre rêve s'était réalisé !A ce moment-là, j'étais en train de concocter un plan avec une camarade dans le but de faire une fugue de Saint Chéron ! Je ne saurai jamais si nous l'aurions fait...

C'était en 1977, j'avais 9 ans. Ma petite soeur, 6.

Je ne me rappelle pas avoir été contente de retrouver ma mère pourtant. Je suppose que je l'ai été, sur le moment... Mais ma soeur et moi étions à nouveau "arrachées" à un semblant de règles, de valeurs, de mode de vie et cela a dû nous perturber quelque part. D'autant plus que ma mère n'a jamais été une mère responsable...

Je ne me souviens pas de grand-chose de cette période "post-orphelinat", si ce n'est qu'elle fut difficile. Je me souviens d'un soir où ma mère hurlait sur ma petite soeur parce qu'elle n'arrivait pas à écrire aussi bien que ma mère le souhaitait et que ma mère l'avait giflée tellement fort que ma soeur avait saigné... J'étais apeurée et j'avais mal pour ma soeur.

A ce moment-là, ma mère était mariée avec un homme, un homme qui n'en est pas un à mes yeux. Cet homme aimait bien les petites filles, si vous voyez ce que je veux dire. Appelons un chat un chat, je parle  là d'inceste (voir ma note "Carpe diem"). Mon beau-père m'a traumatisée. Et j'ai appris beaucoup plus tard, 10 ans après,  par ma soeur,  qu'il s'en était pris à elle aussi. (à ce moment-là et pendant longtemps, le sujet n'a jamais été abordé)

Par ailleurs, je n'aimais pas du tout ma nouvelle école et tout ceci fait que j'ai commencé à m'isoler dans mon monde. A la récré, je restais à l'écart. C'est là que je me suis créée mon propre monde. Et c'est là que je me suis inventée une petite amie : Souricette.

Souricette était invisible, bien sûr. Sauf à mes yeux. Je n'en avais parlé qu'à ma soeur, c'est tout. Souricette habitait une petite maison toute mimi avec un étage. Elle était gentille, douce, elle savait garder les secrets et surtout elle me suivait partout avec sa petite maison située juste au-dessus de ma tête à droite au niveau de mes yeux. Le soir, lorsque ma soeur et moi étions couchées , nous lui parlions doucement.  La maisonnette était alors sous les couvertures à nos pieds...

Cette petite souris minuscule m'a beaucoup aidée à vivre pendant ces semaines, ces mois peut-être, que nous avons passés chez ma mère et mon beau-père. Elle m'a aidée à supporter l'horreur, la terreur et le sentiment d'être complètement perdue. Souricette était un réconfort. Elle m'était nécessaire.

Puis elle m'a quittée sans que j'en prenne conscience, le jour où ma grand-mère et mon grand-père nous ont recueillies, ma soeur et moi, dans leur jolie petite maison de Normandie.

Alors...  je n'ai plus eu besoin de Souricette car je suis entrée dans une période merveilleuse où mon enfance a pu réellement commencé...



notes précédentes en relation avec cet article : 

Rédigé par Pauline

Publié dans #tranches de vie

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L
Comme c'était difficile pour moi de ne pas voir souricette,j'y croyais dur comme fer et je me demandais pourquoi moi je ne la voyais pas!Elle me faisais des cadeaux, elle était ce lien entre toi et moi et me prouvait l'amour que tu me portais...Moi la petite soeur rapportée, moi le pot de colle,moi l'insignifiante...Tu étais ma lumière, mon tout,je buvais tes paroles et ton départ en internat fut pour moi un traumatisme, une nouvelle séparation qui me ramenait au pensionnat, moi derrière la grille et toi qui t'éloignais pour aller passer quelques jours chez une amie...Je n'ai gardé que ces bons moments en normandie,et comme l'a fait remarquer notre chère mère,je suis devenue amnésique sur beaucoup de points sauf sur les coups que j'ai pris de sa part...Mes plus beaux souvenirs c'est toi ma biche!!
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P
Je t'aime.
M
Belle histoire que celle-ci. Elle m'a touchée et je pense que si elle ne suscite pas énormément de commentaires, c'est parce qu'elle laisse sans voix. Merci, Pauline. Tu parles vrai.
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