Jeudi 6 avril 2006
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23:37
"Bon ben quoi? Où étais -tu passée tout ce temps? Comment que ça se fait-y qu'on n'ait plus eu d'article de toi sur ton blog?"
Et alors? Je n'ai pas que ça à faire, oh? Et franchement, c'est par pour deux clanpins qui viennent jeter un coup d'oeil de temps en temps!!! (sorry pour les clanpins, c'est affectueux...) Je vais pas non plus rendre des comptes à un blog, non? On rend bien des comptes à assez de monde comme ça sans se créér de nouvelles obligations. J'ai dit.
Mon idée du départ, c'est que je trouvais ça très...comment dire...très égocentrique de se faire un blog. Je me disais que je voyais pas qui ça pouvait intéresser...et j'avais raison car, en définitive, ce ne sont que les connaissances, la famille qui viennent voir ce qui se passe sur mon blog. Alors, on m'a dit d'aller voir les autres blogs pour se faire connaître. Mais bon, j' ai autre chose à faire que de z' yeuter tous les blogs de la planète et en plus d'y laisser un commentaire pour donner envie aux autres de venir sur le mien!!!! Moi, j'ai pas assez de temps pour faire tout ce que j'ai à faire, déjà!!
Bon, allez, bien sûr qu'il m'est arrivé de surfer sur d'autres blogs mais j'avais pas forcément envie de faire des politesses à tout bout de champ. Ou alors, j'avais rien à dire et je n'ai pas laissé de commentaires. Par ailleurs, les quelques fois où j'ai laissé un commentaire, je n'ai pas eu de réponse. Mais qu'est-ce que c'est que cette conne, me direz-vous? Je vais pas passer du temps à écrire un article pour ne pas dire ce que je pense?
Ah le temps, le temps, c'est de l'argent, paraît-il? Ce n'est pas que ça, en tout cas. On en parlait avec ma soeur ce midi dans le bus et on se disait que bordel, le temps passe vite et on n'a le temps de rien. On passe du temps à se faire du mouron, à se faire ch... pour des conneries, à bosser...et le reste, on récupère complètement exténués!!! "Dis donc, tu crois pas que t'exagères un peu, ma vieille?" Si peut-être. Mais à peine.
Combien de temps passons-nous vraiment avec les personnes que l'on aime? Si on fait pas gaffe, on peut passer notre temps à passer à côté des gens que l'on aime....On peut accorder du temps à des choses, à des individus qui n'en valent pas la peine...
Le temps, c'est ici et maintenant.
Dépêche-toi, Bibiche. Le temps presse. Que veux-tu vraiment? Y a tellement de choses à faire, à vivre... Et on en vit si peu par rapport à tout ce qu'on pourrait, embrigadés que nous sommes dans notre petite vie tranquille.
Eh? Réveille-toi, Robert!! Qu'est-ce qui compte vraiment pour toi? Qui est important pour toi? Qui ne l'est pas? Quelles sont tes priorités aujourd'hui? Les enfants grandissent, les grand-mères vieillissent. Accorder du temps à tout ce monde. Du temps vraiment.
"Avec le temps, va, tout s'en va..."
Par Pauline
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Jeudi 2 mars 2006
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00:12
Oui, bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis cette époque. C'est du passé, tout ça. C'est un peu comme si c'était un autre moi, un autre "nous", dans une vie antérieure. Ceci-dit, ça fait partie de nous. "On n'oublie jamais rien, on vit avec", comme dit la chanson. Aujourd'hui, tout va bien. Quel chemin parcouru... Car dans les mauvais moments, il y a toujours du bon à prendre, en fin de compte, toujours une personne ou quelque chose qui fait que l'on tient bon, que l'on avance. La souffrance, si on la dépasse, on en sort grandi. C'est bateau, mais c'est tellement vrai, dans le fond.
Pendant ces années compliquées, nous n'avons fait que subir. Un peu comme ces personnes qui ont fait la guerre, je suppose. Sur le moment, on ne se pose pas de question, on fait ce qu'on peut pour tenir le choc. Pour ma part, j'ai souffert bien après la "guerre". Quand il s'est agi de digérer... Lorsque l'on devient adulte, on prend la mesure des dégâts causés, certains "réparables" mais pas tous. Et surtout, on réalise.
"L'important, c'est d'avancer", écrit Janine Boissard, mon auteur de prédilection, et qui a contribué à ma "résilience". Si je te dis qu'elle a écrit une palette de six livres s'intitulant "L'esprit de famille", tu comprendras peut-être pourquoi elle m'a aidée, sans le savoir. Je lui ai adressé une lettre pour la remercier, elle m'a répondu... A une période de ma vie, ces six livres ont été ma bouée de sauvetage. Je m'y suis accrochée, désespérément. Ils font partie de ma bibliothèque pour toujours. Je les relis régulièrement. C'est ma bible à moi.
Limportant, c'est d'avancer"... même si la petite fille est toujours là, pas très loin, quelque part sous la carapace et derrière l'esbroufe...
cliquez sur les notes de musique, et dans la "fenêtre recherche rapide", tapez "on ne change pas" (de Céline Dion).
Par Pauline
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Mercredi 1 mars 2006
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00:03
Il n 'y avait personne dans ce grand hall froid. Personne à part nous, Minouche et moi. Minouche, ma petite soeur, ma toute petite soeur qui pleurait. Je lui tenais la main. Fort. Où étions-nous? Et où était donc maman? Je ne pleurais pas, non. Mais ma gorge était serrée. J'avais peur. Mais je ne pleurais pas : Minouche tout contre moi hurlait. Elle avait besoin de moi.
Nous étions à l'orphelinat de Chartres, Saint Brice. Nous étions toute peItites. Minouche avait 3 ans, peut-être. Moi, j ' avais 6 ans, à peine. Je me souviens qu'il y avait une odeur particulière dans cet endroit. Et que Minouche dormait dans des lits à barreaux. Ca m'a marquée, ces barreaux. Il y avait une fille nommée Gisèle. On disait qu'elle était folle. Je me souviens aussi d'un directeur sévère qui avait fait irruption au réfectoire. Il avait parlé fort et nous avait ordonné de ne faire aucun bruit. Le silence avait régné ce soir-là au réfectoire. Et il y avait un bout de coquille d'oeuf coincé dans ma gorge, cela me gênait beaucoup mais je n'avais pas osé tousser. Je ne sais pas où était Minouche. Nous étions si petites.
Quelque temps après, nous avons été transférées à l'orphelinat de Saint Cherron. Et là, nous y sommes restées un certain temps. Ca m'a paru long. Il y avait plein d'enfants. Des filles, des garçons. Des grandes, des petites. Nous étions séparées en groupes. Minouche ayant trois ans de moins que moi, elle n'était donc pas dans le même groupe que moi. Je la voyais de temps en temps au réfectoire, mais nous n'étions pas à la même table. Au dortoir, nous n'étions pas dans le même box. Dans chaque box, nous étions quatre. Quate lits. Nous avions aussi un placard qu'on pouvait fermer à clef.
Nous avons passé plusieurs mois, plusieurs années dans cet orphelinat. Abandonnées. "Abandonnées"? Pas tout à fait car notre mère venait nous voir. D'abord, tous les week-ends, puis tous les quinze jours, puis de moins en moins... C'était une femme élégante, bien habillée, avec des talons aiguille. Maquillée. Et elle sentait bon le parfum qui coûte cher. A chaque visite, on la voyait au parloir. Elle tenait à nous changer, nous enlevait nos vêtements d'orphelinat, la blouse, notamment, et elle nous mettait nos belles affaires. Pourtant, on restait là. Au parloir. Elle ne nous emmenait pas. Elle apportait des jouets et on jouait. A chaque fois, elle nous donnait, à Minouche et à moi, chacune un gros sachet de bonbons. Plein de bonbons avant qu'elle parte, qu'elle nous laisse. Dans un sac Carrefour...Quand nous retrouvions nos copines, je leur en donnais. Je me souviens de l'odeur du sac à bonbons.
Je ne me rappelle pas que maman me manquait. Mais la nuit, j'avais du mal à m 'endormir, j'avais peur de mourir... Je me relevais et j'allais pieds nus sur le sol glacé, dans l 'obscurité, jusqu'aux lavabos de la grande salle de bains pour y boire. L'angoisse m'asséchait la gorge. Je faisais des cauchemars : un homme noir (pourquoi noir?) qui m'égorgeait. La voisine de ma mère qui me poursuivait autour de la table du salon. Des personnes étaient présentes mais ne faisaient rien. Elle me poursuivait, moi, et elle avait des ongles très très longs. Si elle me touchait avec ses ongles, je mourais. Elle me toucha, je me réveillai en sursaut, le coeur battant la chamade, terrorisée. Personne pour me rassurer, pour me consoler. Que le souffle des enfants qui dormaient...
Par Pauline
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